/medias/image/1890651645bc8836d2de85.png
Retour aux actualités
Article suivant Article précédent

Portrait de Stratos : Aurélien Brusini [Stratos 2001]

Portrait

-

10/10/2018

"Design explorateur" des mondes 


Diplômé en design produit en 2001, il s'agissait alors de l'aboutissement d'une recherche globale sur "les retraités actifs en voyage". En d'autres termes : "comment marier le goût de l'aventure et les petits maux de l'âge". Je travaillais avec l'agence Allibert Trekking, tuteur de stage de dernière année d'école. Ce partage d'expérience a renforcé "si c'était nécessaire"  ma volonté de découvrir le monde et ma soif d'aventure. Depuis mes années Strate, mon fil rouge est l'art de l'image, que je pratique en agence de communication en tant que directeur artistique et avec des rédactions de presse nationales et internationales en tant que grand reporter.


1) Qu'elle est ta vision du design aujourd'hui ? Et pour les années à venir ?

J'ai l'intime conviction que les fondamentaux du design sont souvent battus en brèche. A l'époque de Strate, je garde en mémoire des discussions riches d'enseignements. Qu'il s'agisse de parler de « faux besoins » ou de « supposés besoins » des utilisateurs, les enjeux de la « création de nouveaux besoins » restent omniprésents.

Le designer doit plus que jamais se redéfinir, pour clarifier et assumer le fossé qui peut nous séparer, dans nos démarches, de celles d'un marketing dur. Cela dans un souci de rééquilibrer la balance des choix stratégiques. Car notre but reste de faire vivre dans un monde meilleur, à tous niveaux : sociologique, comportemental, technologique, éco-responsable, pour nourrir de nouvelles utopies, de nouvelles visions de nos sociétés sur le long terme, réellement avant-gardistes et innovantes, dans le respect de la première contrainte de tout brief : nous n'avons qu'une seule Terre pour subsister et nous épanouir.

Il est urgent de replacer l'humain au centre de l'équation - et pas seulement l'utilisateur final, mais aussi tous les intervenants, de la création à la fabrication, en passant par la distribution, en raisonnant les ambitions de profits à court terme, considérant une échelle de temps à moyen et long termes et des cycles vertueux à l'échelle mondiale dans toute création.

2) Que retiens-tu de ton passage à Strate ? Comment l'appliques-tu dans ton travail de tous les jours ?

Ce qui m'a motivé dès le départ chez Strate, c'était la construction d'une réelle intimité entre l'Ecole et le monde professionnel, avec une ouverture à l'international.

L'immersion : dans le monde professionnel, à plusieurs reprises grâce aux stages, puis celle à l'international - plus culturelle - avec le suivi des projets et approches de travail en design (à l'UQAM pour ma part, à Montréal). Ces expériences sont très formatrices et nous inculquent une chose essentielle pour une vie sereine : le recul sur les choses, les situations rencontrées… et sur soi-même ! Car tout cela est souvent synonyme de clairvoyance.

Je retiens aussi de ces années de formation, ma capacité à intervenir sur du produit ou du design d'espace, comme en direction artistique sur tous supports graphiques. Ma dernière expérience en la matière est le renouveau de l'image de marque de la compagnie aérienne Air Antilles / Air Guyane (refonte du logo, de la charte graphique, design des nouveaux comptoirs, habillage de la flotte d'avion). Ce savoir-faire protéiforme est un atout qui me permet des choix de vie engagés, en France comme à l'étranger, dans une grande liberté de mouvement.

Cela me permet également de vivre comme je l'entends – c'est-à-dire en s'offrant « le luxe du temps » et de la rencontre inopinée - d'un autre métier qui me passionne : photographe-reporter. Interroger nos relations à la Nature, à travers d'autres cultures et la nôtre, suivre des missions scientifiques de terrain, comprendre des traditions encore vivaces - même si d'autres courants plus forts ou moins conciliants les fragilisent souvent…

Comme à Strate, l'Homme est au cœur de mes reportages, qu'il en aille de ses comportements et de leurs conséquences, de ses rites ou de ses aspirations. Je n'ai qu'une ligne directrice : montrer ce que le monde a de plus beau à offrir, sans éluder les difficultés potentielles, mais toujours sous un angle positif. 


3) Quels sont tes conseils pour la nouvelle génération ? Quels sont les enjeux du métier selon toi ?


Voyager, partager, relativiser, se souvenir du meilleur de toute situation même dans les moments les plus délicats, sortir des sentiers battus, préférer l'inconnu, cultiver le lâcher-prise… pour, sans cesse, revenir aux fondamentaux et les interroger encore et encore.

Les enjeux du métier sont à la fois cruciaux et follement excitants : faire que l'utopie annoncée d'un « XXIesiècle philosophique » devienne enfin réalité.

Comment participer aux petits et grands bonheurs de tout un chacun, améliorer la qualité de vie, de réflexion, de compréhension du monde, d'acceptation de l'Autre ?

Comment faire progresser l'empathie, les comportements bienveillants, le respect, l'éco-citoyenneté ?


Voici quelques références de mes dernières activités :
http://www.boutique-aboweb.com/niveales/www/product/index/id/1/fam/ANCIENS+NUMEROS 

www.aurelienbrusini.com


69 vues Visites

  • grand_reporter
  • Photographe
  • culture du monde
Retours aux actualités

Commentaires0

Veuillez vous connecter pour lire ou ajouter un commentaire

Articles suggérés

Portrait

Portrait de Stratos : Maria Mäkimattila [Stratos 2010]

User profile picture

Benjamin Delaoutre

05 juin

Portrait

Portrait de Stratos : Marion Nicolau [Stratos 2000]

User profile picture

Benjamin Delaoutre

10 mai

Portrait

Portrait de Stratos : Geoffroy Hulot [Stratos 2003]

User profile picture

Benjamin Delaoutre

13 février